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20 Avril 2020

Vie d'une maison Abbeyfield, le Martin-Pêcheur, pendant le confinement:

Le Martin-pêcheur confiné !  le 02 avril 2020. 

 

Nous voilà donc, en Belgique, confinés depuis un peu plus de 15 jours.

Dans les maisons individuelles, chacun se retrouve sous son toit, avec ou pas de jardin ou d’espace extérieur. Dans les immeubles à appartements, chacun se retrouve sous un toit commun mais ce n’est que ce toit qui est partagé. Chacun a son petit ou grand espace propre et les couloirs qui y mènent peuvent être ressentis comme des menaces où le vilain virus rôde.

Dans un habitat groupé, la situation est différente : le toit est partagé mais bien plus que le toit : les lieux communs, certainement, mais aussi le projet et surtout la bienveillance et, en cette période, le souci de l’autre.

En maison Abbeyfield, où nous sommes pratiquement tous des « isolés » ou, en termes fiscaux, des « ménages d’une personne », les pratiques de cogestion, de rencontres régulières et de repas partagés au moins hebdomadaires, permettent que le confinement se vive autrement.

Au Martin-pêcheur, maison Abbeyfield qui rassemble 9 personnes, nous avons décidé depuis le début de nous retrouver tous les soirs pour le repas, en plus des réunions de Conseil des habitants tous les 15 jours. La pratique de la cogestion depuis 10 ans nous a amené à « moduler » ensemble le confinement selon les particularités de la maison mais aussi selon les situations et sensibilités de chacun.

Nous avons une situation un peu inhabituelle pour le moment : une habitante de près de 90 ans qui a quelques limites dans sa mobilité et ne participe plus que rarement à nos réunions et repas partagés ; une habitante qui vient d’être réopérée de la hanche suite à des complications – juste avant le confinement – et rentre depuis quelques jours d’un séjour en hôpital de réhabilitation ; un habitant qui est en traitement pour un cancer du poumon et qui a vécu plus d’un mois de chimiothérapie, ce qui a certainement affaibli ses capacités immunitaires.

Ajoutons à cela les sensibilités personnelles dans une gamme de positions allant de la plus grande prudence à la relativisation raisonnable.

Nous avons donc décidé ensemble de prendre en compte ces situations particulières et ces sensibilités pour trouver un mode de vie partagée où chacun peut se retrouver.

Ce qui reste le fondement, c’est la volonté de chacun de garder du lien, le souci de l’autre, la sollicitude, l’offre de services mutuels.

Nous avons gardé les repas partagés chaque jour de la semaine, comme avant, mais en installant quelques règles de « distanciation » : deux grandes tables ont été assemblées pour former un carré de plus ou moins 3 mètres sur 3, ce qui permet à quatre ou cinq personnes de se retrouver mais « à distance ». De plus, le repas, préparé par un « cuistot de service » est servi sur un buffet où chacun va se servir à son tour : pas de cohue, un à la fois donc la distance est maintenue. De même, chacun range ses couverts et sa vaisselle sur une desserte, à son tour, et une personne s’occupe de la vaisselle. Nous avons convenu de ne pas nous retrouver à plus de deux dans la cuisine.

Chaque matin, l’un d’entre nous, en tournante, nettoie les clenches et poignées des portes des lieux communs, des frigos, des tiroirs des meubles de la cuisine commune et les rampes des l’escalier ainsi que les boutons d’ascenseur.

Enfin, l’ascenseur ne prend pas plus de deux personnes à la fois.

Ces petits gestes, à l’opposé de ce que nous faisions habituellement en nous servant les uns les autres, en nous passant les plats, etc., nous permettent de respecter les consignes tout en conservant ces moments de rencontre quotidienne si importants dans notre vie de groupe.

Et, évidemment, plus de visites de l’extérieur. Notre envie de rencontrer, d’accueillir est mise à mal mais il vaut mieux être stricts.

Nous sentons combien la formule « habitat groupé » nous apporte de soutien en cette période difficile pour tous en maintenant la cohésion et le « vivre ensemble » et nous nous considérons comme privilégiés car nous entendons bien combien le confinement peut être difficile à vivre, soit par la solitude, soit par la sur-cohabitation sans recul suffisant.

Evidement, chacun d’entre nous garde et entretient ses contacts personnels, familiaux.

Nous nous retrouvons quand même tous dans un « loisir forcé », plus souvent seul-e dans son appartement, mais comme nous sommes tous retraités, c’est plutôt l’occasion pour le moment de revenir à la lecture, au ralentissement.

Nous avons aussi la chance d’être en bordure de ville, dans un quartier aéré, assez proche de la forêt de Soignes, ce qui permet quand même à la plupart d’entre nous de « prendre l’air » régulièrement.

Tout ceci devra être vécu dans la durée, probablement, mais nous nous sentons a priori assez bien outillés pour tenir sans drames et sans trop d’efforts. Nos échanges quotidiens nous permettent de partager nos informations, nos ressentis, les nouvelles des uns et des autres et de sentir et alimenter notre cohésion.

L’habitat groupé est un mode de vie qui « tient bien » en règle générale et mieux encore en période de crise.

Nous espérons que toutes les maisons Abbeyfield, ou au moins la plupart d’entre elles, peuvent vivre le même bénéfice que nous.

 

François Verhulst, habitant au Martin-pêcheur

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